
Monsieur le Président, mesdames et messieurs les administrateurs, chers collègues.
Tout d’abord, je pense que vous m’autoriserez une remarque personnelle. Je n’ai jamais, ressenti avec autant d’acuité, la responsabilité qui m’incombe de parler au nom de l’ensemble de mes collègues de l’INJEP.
Je voudrais d’ailleurs les remercier de leur confiance.
Mesdames et messieurs les administrateurs, je tiens à dire d’emblée que je ne suis pas ici, aujourd’hui, avec un quelconque espoir de vous convaincre de quoique ce soit par rapport à l’établissement, son avenir, son fonctionnement et le sort des personnels. Nous n’en sommes plus là.
J’en reviens à mon mandat. Je parle au nom des personnels, je suis mandatée à l’unanimité, moins une abstention, par l’assemblée générale de mardi dernier .
J’ajoute que Jérémy HERBET représentant du CNJ ici présent, s’associe à notre propos. Il s’est enquis régulièrement de la situation de l’INJEP, et du sort des personnels. Nous l’en remercions.
Les personnels sont mal traités dans cette restructuration.
Nous n’avons cessé de dire notre inquiétude ici et ailleurs, pour notre avenir professionnel et personnel.
Je tiens très solennellement à dire que maintenant la situation n’est plus à l’inquiétude mais à l’exaspération.
Et je sais que de l’exaspération à la colère, la frontière est ténue.
Ce C A va acter six mois de restructuration non assumée et non organisée.
Six mois pendant lesquels nous n’avons été associés ni même consultés sur cette note d’orientation soumise au CA aujourd’hui .
Six longs mois pendant lesquels nous n’avons été jamais été entendus sur les modalités de cette restructuration qui nous touche.
Ce document d’orientation pointe opportunément les carences de gouvernance de l’établissement depuis 2005 qui aboutissent à la situation actuelle. Il est le reflet d’une démarche dont on peut remarquer qu’elle est pour le moins incohérente. J’en donnerai deux exemples.
Rappelons nous : un audit a été demandé pour déterminer « la rentabilité » des différentes activités de l’établissement. Avant même qu’il débute ses travaux , la suppression de la fonction accueil hébergement restauration est décidée.
Qu’à cela ne tienne on demande à l’audit d’en étudier les conséquences.
L’audit démontre que l’on vient de supprimer un service qui était quasiment à l’équilibre financier.
Qu’à cela ne tienne, on maintient la décision.
Le document d’orientation pointe la nécessité d’évaluer l’ensemble de l’offre éditoriale en vue d’élaborer une politique globale et cohérente. Bien sûr cette évaluation n’est pas réalisée
Qu’à cela ne tienne.
L’organigramme dans la mission « valorisation/diffusion » montre que la politique éditoriale est fondée sur le tout Web.
Qu’à cela ne tienne, il paraît que ce serait «évolutif».
C’est à se demander si cette restructuration ne suit pas scrupuleusement et au premier degré les recommandations de l’ouvrage de Paul WATZLAWICK « comment réussir à échouer ».
Pas de participation des personnels au projet, pas de participation à l’organigramme, pas de négociation sur le calendrier et pas de négociation sur les modalités de départ du personnel.
Rien n’a été négociable.
Ah, si ! On a changé des entretiens d’embauche en entretien de clarification.
Aujourd’hui, 2 avril 2009, nous ne savons toujours pas quel sera le contenu du décret du futur établissement. Aujourd’hui nous ne savons toujours pas, ou cet établissement sera localisé.
Qu’à cela ne tienne, certains doivent faire acte de candidature sur cet établissement virtuel avant le 7 avril.
Aujourd’hui on ne connaît toujours pas qui dirigera cet établissement. Pourtant cela n’est pas anodin, on a vu que la gouvernance avait eu son poids dans les carences constatées.
Qu’à cela ne tienne… on fera avec.
Ceux qui ne peuvent ou ne veulent candidater, ceux qui ne seront pas retenus, pourront toujours s’adresser à une cellule de reclassement dont le rôle n’est pas de trouver des postes en lien avec notre expérience et nos souhaits, ce que fait toute cellule de reclassement.
Mais qu’à cela ne tienne la cellule nous formera à les chercher nous mêmes.
La situation du personnel administratif qui relève de l’Education Nationale devait etre traitée au cas par cas. Et que se passe-t-il ?
Ces personnes reçoivent la liste des postes susceptibles d’être vacants le 16 mars, et surprise, constatent que les postes de l’INJEP figurent sur cette liste.
Dix jours après, ces mêmes personnes reçoivent, une lettre leur annonçant individuellement que leur poste est supprimé.
Qu’à cela ne tienne ils ont tout de même une semaine pour participer au mouvement, sans condition particulière. Il aurait fallu que notre ministere négocie leur cas avec le ministère de l’Education Nationale.
Mais… on a annoncé que les personnels qui doivent rejoindre les collectivites territoriales seraient aidés dans leur recherche d’emploi.
Aujourd’hui seuls six personnes ont un poste
Peut-être serait il utile d’aborder aussi la différence de traitement de ceux qui sont susceptibles de suivre le nouvel INJEP : il y a ceux qui sont obligés de candidater et ceux qui seront retenus retenus d’emblée.
Tous restructurés, mais pas tous égaux .
Peut-être faudrait il aussi parler aussi de la cellule de reclassement qui n’en est pas une, et qui disparaîtra quasiment en septembre, ses membres ayant été mutés entre temps.
Mais à quoi bon.
Force est de constater que malgré nos alertes successives les étapes de cette restructuration sont régulièrement approuvées par CA, qu’elles ne font l’objet d’aucun commentaire autres que les nôtres, d’aucune demande de précision ou d’explication de vote.
Ils faut nous rendre à l’évidence : nous ne pouvons en rien infléchir les décisions de cette instance qui se présente comme une chambre d’enregistrement des décisions de la tutelle.
Nous vous laissons la responsabilité d’entériner cette restructuration qui n’a d’autre objet que d’afficher des suppressions de poste dans la fonction publique, quelles qu’en soient les conséquences pour les personnels.
Nous ne siègerons donc pas.
Je vous remercie de votre attention.
vendredi 3 avril 2009
Déclaration des représentants du personnel de l'Injep au conseil d'administration du 2 avril 2009
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1 commentaires:
J'ai été responsable d'un grand Mouvement de jeunesse d'un pays d'Arique.
Ayant vécu 1 jour et deux nuits à l'INJEP, je puis dire que c'est un outil inestimable en termes de structure, fonctionalité, hôtellerie, environneement, pour tous les cadres de la jeunesse de ce pays.
Dans le fil de la pensée qui revient sans cesse au sujet de l'environnement : "que laisserons-nous a nos enfants", la paralysie ou la disparition de l'INJEP et ses compétences pose une question similaire :DE QUOI PRIVERONS-NOUS NOUS ENFANTS ?
Eric Sommer
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